Gabon : jusqu’à 1 million de FCFA par mois pour encourager les naissances, la proposition qui relance le débat

© 2026 Droits réservés/Binto Media Group

Avec une population estimée à près de 2,6 millions d’habitants pour une superficie de 267 667 km², le Gabon figure parmi les pays les moins densément peuplés du continent africain. Pour Guillou B’Itsutsue-Gielessen, cette situation représente un défi majeur pour le développement économique, la constitution d’un marché intérieur dynamique et le renforcement du potentiel humain du pays. Il estime qu’une politique familiale volontariste pourrait contribuer à inverser cette tendance.

Et si l’État gabonais versait jusqu’à 1 million de FCFA par mois aux mères de familles nombreuses ? C’est la proposition formulée par Guillou B’Itsutsue-Gielessen dans une tribune publiée dimanche 18 octobre 2026. Face à la faible densité démographique du Gabon, ce citoyen préconise une politique nataliste fondée sur des allocations mensuelles pouvant être versées jusqu’aux 16 ans du dernier enfant. Une idée ambitieuse qui soulève toutefois d’importantes questions sur son financement et sa mise en œuvre.

« Pour bâtir le Gabon de demain, nous avons besoin d’une jeunesse nombreuse, dynamique et éduquée », affirme-t-il dans sa tribune. Selon lui, soutenir financièrement les familles permettrait non seulement d’encourager les naissances, mais aussi de mieux accompagner les parents dans l’éducation de leurs enfants.

De 500 000 à 1 million de FCFA par mois selon le nombre d’enfants

Le dispositif proposé repose sur trois niveaux d’allocations. Les mères ayant deux enfants percevraient 500 000 FCFA par mois, celles ayant trois enfants recevraient 750 000 FCFA, tandis que les femmes ayant quatre enfants ou plus bénéficieraient d’un million de FCFA mensuel.

Selon le schéma présenté, ces versements seraient maintenus jusqu’aux 16 ans du dernier enfant. Une mère de quatre enfants pourrait ainsi recevoir jusqu’à 12 millions de FCFA par an, sous réserve de remplir les conditions d’éligibilité qui resteraient à définir. L’auteur défend cette mesure comme un investissement national plutôt que comme une simple aide sociale.

Un projet ambitieux, mais financièrement exigeant

L’ampleur des montants envisagés pose néanmoins la question de la soutenabilité budgétaire. À titre d’exemple, une allocation d’un million de FCFA par mois accordée à 10 000 mères représenterait à elle seule 120 milliards de FCFA de dépenses publiques par an. Une application à grande échelle nécessiterait donc une étude approfondie des bénéficiaires potentiels et des sources de financement.

Guillou B’Itsutsue-Gielessen estime également qu’une telle politique devrait s’accompagner d’investissements dans les maternités, le suivi médical des femmes enceintes et les infrastructures sanitaires. Car une hausse des naissances ne suffirait pas, à elle seule, à garantir le développement du pays sans amélioration parallèle de l’éducation, de la santé et des perspectives d’emploi.

En plaçant les mères au cœur de sa stratégie démographique, l’auteur souhaite ouvrir un débat sur l’avenir de la population gabonaise. Pour l’heure, cette prime à la natalité demeure une proposition citoyenne : aucune décision gouvernementale n’a été annoncée pour instaurer un tel dispositif.


Commenter l'article

Déjà ...

00
Jours
00
Heures
00
Minutes
00
Secondes

Depuis l'entrée dans la
Ve Republique gabonaise