« Qu’avez-vous fait pour ce peuple ? » : Wilmine Gencia Nguety répond sèchement à Ali Bongo
publié le : 24 octobre 2026 à 06h08min | MàJ : il y a 35 minutes
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La réplique intervient après une adresse d’Ali Bongo Ondimba aux militants du PDG, diffusée le 20 octobre. Dans cette intervention, l’ancien président, renversé par les militaires le 30 août 2023, a réaffirmé son intention de jouer un rôle politique, revendiqué la présidence de son parti et contesté les conditions de sa réorganisation depuis mars 2024.
La récente sortie médiatique d’Ali Bongo Ondimba continue de provoquer des réactions dans la classe politique gabonaise. Dans une déclaration diffusée mercredi 21 octobre 2026 sur les réseaux sociaux, Wilmine Gencia Nguety, commissaire politique de l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB), s’en est vivement prise à l’ancien chef de l’État. Entre critiques de ses quatorze années au pouvoir, défense du changement intervenu le 30 août 2023 et contestation de son discours sur le Parti démocratique gabonais (PDG), la responsable politique n’a pas ménagé ses mots.
Une prise de parole qui n’a visiblement pas convaincu Wilmine Gencia Nguety, également connue sous le nom de Wilgrace Nguety. Pour cette militante de l’UDB, l’ancien président ne peut aujourd’hui se présenter comme un défenseur des intérêts des Gabonais sans répondre aux critiques formulées contre son propre bilan.
« Il a fallu qu’on vous arrache les manettes pour penser à ce peuple ? »
C’est sur les quatorze années de gouvernance d’Ali Bongo, de 2009 à 2023, que la responsable politique concentre une grande partie de ses attaques. Elle accuse l’ancien régime d’avoir entretenu des pratiques qui auraient freiné l’ascension des jeunes, notamment ceux issus des quartiers défavorisés.
« Qu’avez-vous fait pour apporter les solutions aux misères de ce peuple lorsque vous étiez aux affaires ? 14 ans de sevrage du peuple, mais il a fallu qu’on vous arrache les manettes pour enfin penser à ce peuple ? », lance-t-elle.
Wilmine Gencia Nguety reproche également au PDG d’avoir longtemps verrouillé l’accès aux responsabilités politiques et administratives. Elle évoque des pratiques de favoritisme et des comportements qu’elle juge contraires à la bonne gouvernance. Ces accusations relèvent toutefois de son appréciation politique et ne constituent pas, en elles-mêmes, des faits judiciairement établis.
À l’inverse, elle présente le 30 août 2023 comme un tournant majeur dans l’histoire du pays. Elle salue le renouvellement politique engagé sous l’impulsion de Brice Clotaire Oligui Nguema, qu’elle considère comme une rupture avec certaines pratiques de l’ancien pouvoir.
Le « Make Noise » d’Ali Bongo au cœur de la controverse
L’un des passages les plus virulents de sa déclaration concerne les événements du 30 août 2023. Dans sa récente adresse, Ali Bongo a affirmé avoir choisi de ne pas résister au coup d’État afin d’éviter une effusion de sang.
Une version que conteste frontalement Wilmine Gencia Nguety.
« Faux, faux, faux ! Nous avons tous vu la vidéo du fameux Make Noise », rétorque-t-elle, en référence à l’enregistrement dans lequel l’ancien président, alors retenu à sa résidence, demandait à ses soutiens de faire du bruit pour alerter sur sa situation.
La commissaire politique estime que cet appel aurait pu entraîner une confrontation. Cette interprétation reste néanmoins hypothétique : la vidéo ne suffit pas, à elle seule, à établir qu’Ali Bongo souhaitait provoquer des violences. Les circonstances de sa chute et le bilan de son régime demeurent des sujets de désaccord politique.
Le retour politique d’Ali Bongo vivement contesté
Wilmine Gencia Nguety s’en prend enfin aux ambitions politiques de l’ancien président. Alors qu’Ali Bongo entend préserver son influence au sein du PDG et inscrire cette formation dans l’opposition, elle l’invite plutôt à se consacrer à l’entrepreneuriat.
Selon elle, l’ancien chef de l’État pourrait contribuer à la création d’emplois pour les jeunes Gabonais plutôt que de chercher à retrouver une place centrale dans le débat politique.
La responsable de l’UDB réagit également aux propos d’Ali Bongo sur la survie du PDG après le coup d’État. Là où l’ancien président estime que son parti a résisté aux tentatives de marginalisation, elle considère que les nouvelles autorités ont fait le choix de ne pas le dissoudre, plutôt que d’en avoir été incapables.
« Il n’est pas question de ne pas avoir pu, mais de ne pas avoir voulu », affirme-t-elle, défendant ainsi ce qu’elle présente comme une volonté d’éviter les règlements de comptes politiques.